Cette semaine, pendant que Monsieur Retailleau faisait la boude à Monsieur Lecornu pour avoir nommé Monsieur Le Maire, que Monsieur Retailleau refusait finalement la participation au Gouvernement après un an avec lui et 7 budgets adoptés grâce à lui, que Monsieur Lecornu démissionnait quelques heures plus tard pour être envoyé en moine-soldat trouver une solution qu’il n’avait pas trouvé en un mois;
Pendant que Monsieur Lecornu consultait plein de Monsieurs qu’il avait déjà consulté avant, que Monsieur Philippe appelait à la démission de Monsieur le président de la République, que Monsieur Attal disait ne plus comprendre; pendant que Monsieur Retailleau et Monsieur Wauquiez se disputaient en direct sur BFM TV sur leur allégeance tantôt au Macronisme, tantôt à l’extrême droite;
Pendant que Monsieur le Président de la République, un vendredi soir à 22h parce que pourquoi pas, renommait de nouveau Monsieur Lecornu qu’il a définitivement l’air d’apprécier, que celui-ci, “libre”, mais quand même depuis l’Elysée, annonçait un dimanche soir à 22h son nouveau Gouvernement “où ce fut difficile de faire la parité” : pendant que tous ces bien petits Monsieurs discutaient dans leurs bureaux de la répartition des postes pour continuer à mener la politique de Monsieur le Président de la République;
Pendant tout ce temps, je sais que vous êtes nombreuses et nombreux à être effaré-es par la situation; effaré-es par l’irresponsabilité, l’obstination, la déconnexion de ces élites qui prétendent gouverner mais ne savent que faire ce qui a toujours été, gouverner verticalement, imposer ses idées, éviter le dialogue, se protéger par l’entre-soi.
Vous le savez, depuis les élections législatives anticipées de 2024, nous proposons que la gauche soit appelée aux responsabilités : car ce serait là une manière d’entendre le résultat des urnes et le changement de cap demandé légitimement par les français-es. Nous demandons une rupture pour de vrai : En matière écologique, fiscale, sociale, sociétale, économique et démocratique.
En 2025, dans notre si beau pays, il n’y a jamais eu autant de personnes pauvres, notre communauté nationale se fracture, la crise écologique s’accélère et chaque semaine des Monsieurs Bayrou et Lecornu n’ont fait qu’adouber de nouveaux reculs. La France est désormais le pays enregistrant le plus grand nombre de cas de cancers, la biodiversité s’effondre, l’école publique est à la peine et les hôpitaux en souffrance. Partout, les associations de solidarité et d’entraide crient à l’aide, sous peine de disparaître. La guerre s’approche, les inégalités se creusent, l’individualisme rampe, on se met à se détester les uns les autres et tout se dérobe.
Oui, en 2025, dans notre si beau pays, la responsabilité de ceux qui nous dirigent est immense et n’a jamais été si immense; et elle n’est pas chose facile. De cela, nous attendons beaucoup. Nous exigeons l’alternance et la cohabitation, l’ambition dont notre pays a besoin, et a envie. Nous méritons, dans notre si beau pays, de vivre mieux, de vivre ensemble, de renouer avec ce qui nous rend fier-es : notre système social et de santé, notre histoire révolutionnaire et de résistance, notre ambition écologique, l’école républicaine, une communauté de destin soudée autour d’un cap radicalement différent de cet ultra-libéralisme forcené qui détruit tout ce que nous sommes collectivement.
Cet après-midi, j’écouterai, dans l’hémicycle, le discours de politique générale de Monsieur le Premier Ministre. J’espère, sans y croire, y entendre cette responsabilité aussi immense que le pays, que nous méritons. Nous l’appelons à demander la confiance à l’Assemblée : dans ce moment de bascule démoratique, le Gouvernement ne doit plus émaner du seul chef de l’Etat, ou d’une bande de Monsieurs bien encravatés, mais de l’assemblée toute entière. Dans notre si beau pays, on ne peut continuer à gouverner contre les gens.