Avant de revenir sur la semaine passée, je voudrais laisser la place à Vadim qui est élève de première au lycée Armorin de Crest et qui a passé 2 semaines en immersion dans mon équipe entre Paris et la Drôme ces deux dernières semaines :
“Bonjour, je m’appelle Vadim, j’ai 16 ans, et je viens de passer mes deux dernières semaines en stage auprès de Marie Pochon et sa formidable équipe. Ces quinze jours ont été passionnants : j’ai pu découvrir le fonctionnement de l’Assemblée, assister à une réunion du groupe écologiste, observer une séance de questions au gouvernement, mais également suivre au quotidien le travail intense mais captivant des trois collaborateurs de Marie.
Je profite de ce porte-voix donné pour parler d’un événement qui m’a particulièrement marqué : jeudi 30 octobre, pour la première fois de son histoire, le Rassemblement National a réussi à faire voter un texte à l’Assemblée à une voix près, brisant au passage les derniers fils du cordon sanitaire à l’extrême-droite. Ce texte fût voté grâce à une alliance allant du groupe Horizons au RN, et grâce à l’absence du bloc central qui avait sans doute mieux à faire que de voter contre le RN dans leur journée annuelle de niche parlementaire.
Le fait que le gouvernement ait recours à un texte porté par l’extrême-droite pour déterminer la position du pays sur des sujets aussi sensibles que ceux de l’immigration et des relations entre la France et l’Algérie témoigne à mon avis d’un glissement dangereux. Par ailleurs, dès le soir même, le premier ministre s’est déclaré en faveur d’une renégociation de ces accords, ce qui nous montre que l’agenda gouvernemental se trouve de plus en plus de points communs avec celui du RN. En dehors de toute considération politique, c’est également une attaque directe contre les valeurs de solidarité et de fraternité que prône la France.
Pendant mon stage, j’ai pu voir combien le métier de députée demande d’être attentif à la vie locale de l’immense circonscription qu’est celle de Marie, mais également aux enjeux sociaux, à l’écologie, et j’en passe. Cela me rappelle également que derrière chaque loi votée, chaque amendement déposé, chaque victoire ou chaque défaite, il y a des impacts concrets sur la vie des gens et sur leurs droits.
Durant les deux dernières semaines, j’ai énormément appris et j’ai été ravis de pouvoir découvrir les coulisses du métier de parlementaire au côté d’une députée très engagée pour les territoires ruraux, pour que tout le monde puisse vivre dignement, ou encore pour défendre un modèle agricole durable, respectueux de l’environnement et du métier d’agriculteur.
Encore un très grand merci à Marie pour son accueil chaleureux malgré la situation politique tendue et incertaine, mais également un immense merci à l’incroyable équipe qui travaille avec elle : Clothilde, Jérémy et Perrine, merci pour les deux supers semaines passées à vos côtés.
Au plaisir de tous vous recroiser,
Vadim”
Je remercie infiniment Vadim (et se joint à moi toute l’équipe !) pour sa curiosité et son intérêt pour nos travaux, ainsi que son aide précieuse ces quinze derniers jours ! A très bientôt !
A moi maintenant de prendre la plume mais il est parfois difficile de trouver les mots justes devant ce qu’il se passe aujourd’hui. Un Premier ministre qui observe, silencieux, l’alliance des groupes qui le soutiennent avec l’extrême droite, pour défaire les avancées construites avec les socialistes. Une majorité qui, au nom d’un soi-disant “socle commun”, refuse tout compromis avec la gauche, refuse les plus petites contributions supplémentaires de ceux dont les bénéfices explosent ou qui ont bénéficié de soutiens publics massifs.
Vendredi dernier, le Premier Ministre, devant la représentation nationale qui venait de refuser la “Taxe Zucman”, affirmait “il faut refuser le cynisme”.
Ce cynisme, nous le voyons à l’œuvre chaque jour. Celui qui feint d’ignorer qu’à ne pas penser la juste contribution aujourd’hui, ce sont la majorité des Français-es, les plus vulnérables, qui paieront demain : par la hausse des franchises médicales, la fermeture des hôpitaux, la suppression de postes dans l’éducation nationale, la disparition des Centres de santé sexuelle, la baisse des APL ou encore l’abandon de la protection de l’environnement. Ce cynisme qui réduit la “taxe sur les holdings”, adoptée avec l’extrême droite, à une taxe sur presque rien pour presque personne. Ce cynisme, encore, d’un pouvoir qui parle de concertation tout en divisant par deux (pour la deuxième année consécutive) le Fonds vert et en coupant les moyens de l’écologie.
Ce n’est pas grave, là n’était pas leur sujet. Leur sujet était de démontrer, à ces députés du socle commun, qu’ils ne feraient aucun compromis, et n’appliqueraient que leur programme, tout leur programme, rien que leur programme. Ils le firent aujourd’hui de nouveau, avec l’extrême droite, avec un immense sourire.
Le cynisme.
Sébastien Lecornu, traitant de cyniques ceux qui doutent, qui s’engage pour de nouveaux compromis : ne pas geler les pensions, ne pas geler les minima sociaux et dégager des moyens pour l’hôpital. Son envie de « concerter », encore.
Mais que faire de ce Premier Ministre dont les promesses n’engagent personne, ni lui-même, ni ceux qui le soutiennent ? Comment gouverner par l’assemblée quand ceux qui prétendent tenir les rênes agissent comme s’ils étaient dans l’opposition ?
Comment se défaire de tant de cynisme ?
C’est là ma question, à l’heure où nous commençons ce jour l’examen du PLFSS.
Et je sais que tout cela est confus pour nombre d’entre vous, qu’on n’y comprend d’ailleurs plus rien. Sachez que je reste pleinement mobilisée pour vous défendre, et que je continuerai à me battre, comme la semaine passée en commission, pour défendre les crédits de la transition écologique, pour rétablir et renforcer nos lignes de train, assurer les crédits pour les agences France Services dans nos campagnes, toute la semaine en commission des finances pour défendre une vie meilleure pour toutes et tous ; et en hémicycle pour notre sécurité sociale.