C’est un journal de bord qui vous arrive un peu tardivement cette semaine, parce que je suis tombée malade dimanche, ce qui rendait compliqué de vous rendre des comptes rapidement sur la semaine passée, où nous avons attaqué les débats en hémicycle sur le projet de financement de la sécurité sociale (PLFSS), en commençant par la partie “recettes”. Le projet de PLFSS présenté par le Gouvernement reprenait toutes les “bonnes idées” de François Bayrou et du socle commun : faire payer les malades, les retraités et les assurés sociaux, pendant que les grandes entreprises continuent de bénéficier de 80 milliards d’exonérations, dont 5,5 milliards non compensés. Derrière la « maîtrise des dépenses », c’est une austérité organisée, pour paver le chemin de la libéralisation et de la fin de notre modèle social : gel des prestations sociales, retraites sous-indexées, franchises médicales doublées, poursuite de la tarification à l’acte, et baisses de crédits pour la santé publique.
Face à ce modèle qui privatise les gains et socialise les profits, nous portons au contraire une toute autre logique : transparence sur les prix des médicaments, encadrement des marges et création d’un service public du médicament pour garantir la souveraineté sanitaire, réinvestissement massif dans l’hôpital public, l’amélioration des institutions de sécurité sociale des artistes auteurs, le Nutriscore obligatoire, sauf sur les produits labellisés, un malus pour les entreprises en l’absence de négociation sur l’emploi senior, le rétablissement du plafond pour les remises sur les génériques, en soutien aux pharmacies, le renforcement de la transparence sur les prix des médicaments, la compensation des exonérations d’heures supplémentaires par l’Etat. Toutes ces mesures, nous les avons négociées, et adoptées, démocratiquement, dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, la semaine passée. Nous avons supprimé également les articles les plus dangereux, sur le gel du barème de CSG, les attaques sur les Outre-Mer et les apprentis, la mise à contribution des complémentaires santé.
Investir dans la santé, ce n’est pas dépenser plus : c’est éviter des milliards de coûts futurs, et restaurer la dignité de notre système de soins, par la prévention.
Du fait de toutes ces (petites) victoires, qui évitent le pire mais qui restent crantées à un budget dont la logique générale va à l’encontre de ce que nous demandons (aucune augmentation de cotisations patronales, malgré l’ampleur des allègements généraux, pas de socialisation des revenus non salariaux et primes, l’exonération de CSG sur les heures supplémentaires, pas d’avancée sur la fiscalité comportementale), je me suis abstenue lors du vote de la partie “recettes” du PLFSS, samedi après-midi.
Cette semaine continue l’examen du PLFSS jusqu’à aujourd’hui. Sans doute ne pourrons-nous pas voter le texte final avant son départ au Sénat : mais nous pourrons le retrouver en deuxième lecture.