Depuis juin 2025, 109 foyers de Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) ont été détectés. J’avais déjà alerté la Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire par courrier le 31 juillet pour trouver une stratégie efficace et limiter les abattages systématiques. Depuis, plus de 3 000 bovins ont été abattus. Des éleveurs ont vu disparaître en quelques heures le travail de toute une vie, parfois de plusieurs générations. Notifiés du jour au lendemain de l’abattage de leur troupeau, gazés, réprimés. Une réponse brutale et disproportionnée.
Oui, la vaccination est « un chemin d’espoir pour empêcher l’abattage des troupeaux », pourtant nous n’avons pas assez de doses, pourtant l’abattage massif couplé d’une répression sans nom continue, pourtant tout arrive toujours trop tard alors même que ces épizooties vont exploser du fait de l’inaction climatique et du soutien à l’industrialisation de l’élevage, tout pour protéger nos exportations.
Depuis deux ans, la colère gronde dans les campagnes. Surendettement, concurrence déloyale, explosion de la FCO, de la salmonelle, de la DNC, revenus en berne, mal-être… pendant que nous demandons la juste rémunération, l’accompagnement à la transition ; la seule réponse du Gouvernement et de ses soutiens ce sont des lois pro-pesticides et la signature de l’accord UE-Mercosur et ses 100 000 tonnes de viande bovine importée !
Nous avons ainsi, avec mes collègues, écrit vendredi dernier à la Ministre de l’agriculture pour que l’Etat infléchisse en urgence sa politique sanitaire et sa politique d’élevage. Puis ce mercredi, j’auditionnais la Directrice Générale du Ministère de l’Agriculture, qui a répondu à nos questions techniques sur la gestion de la crise, le manque d’anticipation notamment en matière de vaccinations et de doses. Je lui rappelais notamment que les éleveurs demandent à ce que les pouvoirs publics anticipent, à la fois dans la prévention vaccinale, la formation, le développement et la valorisation de nos services vétérinaires en territoires ruraux, la préservation d’écosystèmes solides et résilients pour endiguer les nuisibles vecteurs de certaines maladies évitables, la reconnaissance et l’accompagnement des filières locales et du travail de sélection génétique opéré sur les cheptels. Ils demandent à ce que la santé mentale des éleveurs concernés soit considérée. Ils demandent à être écoutés, du dialogue, ils proposent des protocoles alternatifs. Le gouvernement annonce que ce dialogue s’ouvre maintenant : mais pourquoi si tard?
Je vous transmettrai la vidéo de cette audition sur mes réseaux sociaux pendant les congés. Mais je souhaitais avant cela vous partager ma Question au Gouvernement, que j’ai posée ce mardi à la Ministre de l’Agriculture, Annie Genevard (et sa réponse que vous pouvez voir ici). Juste avant j’’ai également répondu aux questions de LCP sur le sujet où j’ai insisté sur la répression importante que subissent ces derniers jours les éleveurs touchés par ces épizooties, en plus du drame que les abattages de troupeaux provoquent déjà. Ce n’est pas une réponse à la hauteur des crises sanitaires auxquelles le monde agricole doit faire face. La réponse, ce devrait plutôt être une stratégie vaccinale robuste et la sortie d’une gestion de crise permanente au profit d’une vraie politique qui planifie, qui anticipe, pour un élevage robuste et nourricier. On continue !