Jeudi 26 mars, des manifestations avaient lieu notamment à Valence où je me suis rendue aux côtés des élus locaux, des enseignants et des parents d’élèves, pour dénoncer les coupes budgétaires dans l’Éducation nationale.
Au niveau national, ce sont plus de 3 000 postes supprimés dans l’enseignement public, dont 1891 dans le primaire. Dans la Drôme, cela se traduit par 20 suppressions de postes, plus des créations de postes pour les PAS et des conseillers pédagogiques à la DSDEN, avec à la clé plus d’une cinquantaine de fermetures de classes : sur les RPI de Sahune-Curnier, de La Répara-Autichamp-Divajeu, de Piégros-Blacons, de Saint-Ferréol-Trente-Pas-Condorcet, mais aussi les écoles d’Aouste-sur-Sye, de Bouchet, de Bourdeaux, de Saint-Jean-en-Royans, de Chabeuil, de Saint-Paul-Trois-Châteaux, du Poët Laval, de Tulette, de la Bégude-de-Mazenc. C’est deux fois plus que les deux précédentes rentrées scolaires réunies.
Alors, on nous dit qu’il faudrait peut être réfléchir autrement, s’inspirer de modèles étrangers, ou du privé : que ces petites écoles rurales qui fonctionnent en “vase clos”, elles devront à terme fermer, pour laisser la place à de grands complexes scolaires maternelle-élémentaire-collège dans les agglomérations, au nom officiellement de “l’émancipation de sa condition”, plus officieusement des coupes budgétaires. Et tant pis pour les enfants des petits hameaux ou village, tant pis pour les heures de bus quand il y en a, tant pis pour la fatigue, tant pis pour le prix du carburant, tant pis pour les parents qui galèrent; tant pis pour les classes surchargées, tant pis pour les enseignants débordés, tant pis pour les élèves qui en pâtissent. Il restera toujours le privé pour ceux qui en ont les moyens.
Le voilà, le projet politique que je combats, que nous combattons avec nombre d’entre vous.
Comment voulons nous élever nos enfants ?
L’école Républicaine, c’est un autre projet. Il a été bâti par des élus courageux, au temps où la République était en danger – il a été consolidé par des générations d’enseignants, qui ont construit des hommes et des femmes, ayant en commun une histoire et des savoirs fondamentaux, partageant une culture et des valeurs communes, soucieux de la camaraderie, de l’entraide et de la fraternité; soucieux de combattre les injustices, soucieux du respect du monde et de la planète qui les entoure : c’est cette école, ce sont ces enseignants, qui ont construit des générations de français, peu importe où ils habitaient et l’argent dans leur compte en banque, qui avaient quelque chose en commun de bien plus grand qu’eux. Je refuse le projet politique qui veut concentrer les établissements dans les villes et voir disparaître les écoles rurales. Je refuse les suppressions de poste quand nos taux d’encadrements des élèves sont déjà parmi les plus mauvais d’Europe. Je refuse qu’on mette dans la balance la présence d’enseignants devant les élèves avec l’école inclusive.
Mardi dernier, j’en échangeais avec Madame la DASEN, pour défendre comme députée, mais également comme l’ancienne écolière du RPI Bren-Marsaz-Chavannes, un autre projet politique : celui de l’école Républicaine, accessible, gratuite, valorisant le bien-être des enseignants et des élèves, traitant chacun-e de la même manière, avec une immense dignité, peu importe là où il ou elle habite.
Merci aux syndicats, aux nombreux parents d’élèves, aux élu-es, enseignant-es, enfants, pour leur présence lors des différentes mobilisations aux quatre coins de la Drôme.
On continue !