Le projet initial duquel j’avais pu échanger avec Madame la DASEN le 24 mars, dont je vous parlais la semaine dernière, prévoyait 53 fermetures.
Ce sont finalement 32 classes qui fermeront. J’ai été pleinement mobilisée tout au long du processus qui a permis de réduire cette hécatombe, aux côtés des syndicats d’enseignants, des parents d’élèves, et de l’ensemble des Maires de ma circonscription. Cette mobilisation sans relâche a permis, sur ma circonscription, de préserver les classes du RPI de Piégros-la-Clastre / Mirabel-et-Blacons, du RPI de Sahune / Curnier, du RPI de Condorcet / Saint-Ferréol-Trente-Pas, des écoles de Saint-Jean-en-Royans, de La-Bégude-de-Mazenc, de Bourdeaux, de la maternelle Dolto à Chabeuil, de Tulette. Pour toutes ces écoles, c’est une victoire.
Dans un courrier qui faisait suite à notre échange, je rappelai à Madame la DASEN mon attachement à l’école publique, gratuite, laïque, républicaine, pour toutes et tous. La défense nécessaire des classes rurales, ciment de la République dans nos villages, parfois le dernier service public. L’impérieuse nécessité de créer une collaboration saine avec les maires et élus locaux, qui font tant pour les écoles et qui partagent avec l’Etat la compétence scolaire. Alors que la baisse démographique est une occasion unique d’améliorer la qualité du service public de l’éducation, je me mobilise contre les politiques de centralisation et d’augmentation des effectifs par classes menées par l’Etat.
Mais aujourd’hui je pense aux enseignant-es, aux parents d’élèves, aux élu-es, qui se sont mobilisé-es et qui n’ont pas pu sauver leur classe. Je pense à Aouste-sur-Sye, je pense à Divajeu, Autichamp, La-Répara-Auriples, je pense au Poet-Laval, à Bouchet, à l’école Plein Soleil de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Pour elles et eux, le couperet est tombé. A elles et eux, je veux leur dire que leur mobilisation ne fut pas vaine. Jamais, il ne nous faut nous résigner, tant le combat pour un service public de l’éducation de qualité est un combat noble, transversal, et fédérateur, que nous devrions toutes et tous avoir en commun, quelles que soient nos obédiences.
Plus globalement, à toutes et tous je veux dire qu’il nous faut comprendre que la baisse démographique est avant tout un prétexte au déploiement d’un projet politique pour l’école rurale qu’il va nous falloir suivre avec la plus grande des vigilances. Que derrière cette approche arithmétique et ces fermetures, qui vont s’accélérer dans les prochaines années, il y a le projet de “l’école de demain”. Voulue par le gouvernement, c’est la centralisation et l’affaiblissement de nos écoles rurales pour optimiser les dépenses publiques liées à l’éducation. Sous prétexte de favoriser l’ambition de nos enfants, et même pire que cela, au nom de l’égalité des chances, l’école de demain va concentrer les établissements sans octroyer davantage de moyens, en tous cas, pas à la hauteur des enjeux. Cela va impacter nos enfants, mais plus globalement l’ensemble de la vitalité de nos territoires. J’invite dès aujourd’hui chaque maire, chaque élu local, tous les parents, les enseignants, à suivre les échanges à ce sujet. Oui, la période budgétaire est complexe, et nous devons toutes et tous faire preuve de responsabilité. Mais il ne sera jamais responsable de sous-investir sur l’éducation de nos enfants.