Dans nos territoires, on en parle peu de ces violences, souvent parce qu’on les normalise, parce qu’on en a honte, parce qu’on ne sait pas trop à qui en parler, et que si on en parlait, on aurait bien tôt fait d’avoir peur que cela se retourne contre nous – que notre agresseur soit bien vite au courant, plutôt qu’en ne disant rien et en subissant en silence.
Mais nous voilà. Vous voilà.
Nous sommes à Vinsobres pour la 26e journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes; et je ne peux vous dire que je suis heureuse de vous voir toutes et tous réunies, parce que je préfèrerais tant que nous n’ayions pas à faire ça tous les ans. Mais je souhaitais remercier du fond du coeur Marie Pierre Monier et toutes celles qui t’entourent aujourd’hui qui ont organisé cette marche, une année de plus encore, et qui nous permet, non pas qu’en ce jour mais tous les autres aussi, car là est ton combat de coeur, dans la Drôme comme au Sénat, de ne laisser aucune place à l’indifférence.
Oui, nous voilà : pour dire : “on vous croit. vous n’êtes pas seules”.
“On vous croit, vous n’êtes pas seules”.
Cette phrase, elle est parfois la clef d’une vie sauvée. Car on ne nait pas
femme, mais on en meurt.
Tout comme pour nombre d’entre nous, on ne naît pas libre, on le devient. Et c’est ce que nous faisons ici. Nous devenons libres.
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