Sur la prédation, vous avez peut-être vu la vidéo et les articles buzz du collègue du Nord Drôme du RN, qui n’a déposé aucun amendement, était majoritairement absent, et a pris la parole une seule fois dans les débats juste pour faire sa vidéo instagram pendant ce mois d’examen du PJL d’urgence agricole, tout ça pour voter pour le texte final qu’il n’avait pas suivi, tout comme lui demandait Annie Genevard. Je regrette cette manière d’instrumentaliser cette question d’importance pour notre territoire, qui mérite mieux que les jolis discours, qui mérite un travail de terrain (sic), des échanges avec les éleveurs, un débat digne. J’y ai participé pleinement, comme sur tous les sujets de ce Projet de Loi sur lequel j’étais cheffe de file, en cohérence avec mon engagement pour les questions agricoles depuis 4 ans. Le projet de loi laissait prétendre que seulement faciliter les tirs de loups allait résoudre les problèmes de prédation, mais c’est de la démagogie. Les éleveurs confrontés à la prédation du loup ont besoin de solutions efficaces et ce qui fait réellement baisser le risque d’attaques, ce sont les mesures de protection : clôtures, chiens de protection, gardiennage et accompagnement des éleveurs. J’ai donc proposé plusieurs amendements permettant aux tirs d’être effectués mais dans le cadre d’une stratégie globale de protection, permettant d’être à la fois plus efficaces pour lutter contre les attaques, et de préserver l’espèce. En vérité, ce qu’on fait le RN et le Gouvernement sur cet article, c’est de ne s’occuper que du “front de colonisation”, en ignorant les zones déjà prédatées comme la Drôme : l’idée est de faciliter les tirs sur des loups qui n’ont pas encore de meute sur les territoires non-encore prédatés, pour éviter leur installation, sans obliger les éleveurs du Massif Central, de Bretagne, des Pyrénées, à se doter de moyens de protection. C’est d’une part mentir aux éleveurs concernés que de leur dire qu’on réussira à éliminer tous les loups qui s’installent sur de nouveaux territoires; c’est d’autre part empêcher l’anticipation et donc la préparation des cheptels, que de faire comme si le loup ne s’y installera jamais, ce qui nous met à risque de pertes majeures sur ce même front de colonisation.
Au final, il a été adopté :
👉 La possibilité de tirer des loups dans les Réserves naturelles et les Parcs Nationaux, avec un avis favorable (!!) du Ministre de la Transition écologique, malgré l’appel d’une large coalition de gestionnaires d’aires protégées et d’associations de protection de la nature. Comme le rappelait l’écologue et naturaliste Nathan Horrenberger : en France, on va donc tuer une espèce protégée dans des espaces naturels théoriquement « sous protection forte » qui sont présentés par l’Etat comme des territoires exceptionnels « justifiant une protection et une gestion qui visent l’excellence »…
👉 L’autorisation du port d’armes avec lunettes thermiques pour les éleveurs formés, des armes particulièrement dangereuses puisqu’il s’agit d’armes de guerre
👉 La présomption de légitime défense via l’autorisation des tirs immédiats en cas d’attaque imminente, c’est-à-dire la possibilité de tirer sans qu’il n’y ait eu attaque.
Je regrette que ces amendements qui menacent la viabilité d’une espèce protégée aient été adoptés, d’autant plus qu’aucun de nos amendements sur les mesures et moyens de protection des troupeaux n’aient été entendus. Au final, ce texte ne protégera en rien les éleveurs des risques d’attaque, et répond seulement à un prisme idéologique visant l’anéantissement du loup de manière non-assumée.
Concernant la lutte contre la concurrence déloyale, nous écologistes, aux côtés des agricultrices et agriculteurs, en appelions à l’inscription dans un texte de loi, de longue date, et je vous annonçais déjà la semaine passée que nous avions pu adopter une réécriture de l’article 2, portée par ma collègue Aurélie Trouvé, permettant l’interdiction d’importation des denrées produites avec des substances interdites en France pour des motifs de santé ou d’environnement.